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[HS] PAMELA et l'éthique scientifique

Posté le mercredi 03 septembre
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Sur le Net les blogs scientifiques spécialisés en cosmologie bruissent de rumeurs au sujet des résultats du satellite PAMELA (projet russo-italien qui consiste a analyser en orbite la composition des rayons cosmiques afin d'aider à résoudre le mystère de la matière noire) et j'ai pensé que c'était une bonne occasion de parler de toutes ces questions passionnantes.

En gros depuis les années 30 l'astronomie est confrontée à un gros problème. Quand on examine la vitesse des galaxies dans un amas à l'aide des lois de Newton on peut en déduire une masse pour ces galaxies (c'est la masse dynamique). Quand on examine ensuite la luminosité totale de ces galaxies on peut aussi en déduire leur masse (c'est la masse lumineuse). Ce sont donc deux manières indépendantes de calculer la masse des galaxies et les astrophysiciens s'attendent à ce que les résultats soient identiques. Le problème c'est que la masse dynamique calculée est bien plus grande que la masse lumineuse calculée ! Il y a un souci quelque part.
On a refait le calcul non plus pour un amas mais pour une seule galaxie. On examine les vitesses de rotations des étoiles autour du centre de la galaxie, on en déduit, toujours à l'aide de ce bon vieux Newton, la masse de la galaxie et on la compare à la masse déduite de la luminosité. Même désaccord des mesures. Arghhh !!!
Bon il y a du prix Nobel dans l'air pour celui qui résoudra le mystère et les chercheurs ont proposé des dizaines de solutions différentes en espérant tirer le gros lot.
On peut par exemple penser que les lois de la gravitation doivent êtres modifiées. Ce sont les diverses théories MOND (Modified newtonian dynamics). Jusqu'à présent ces théories MOND ne remportent pas les suffrages des chercheurs.
On peut aussi se dire que la masse lumineuse des étoiles ne nous dit pas tout sur le contenu de la galaxie. Il peut y avoir des milliards de planètes, des petites étoiles sombres, des amas de gaz, des trous noirs, etc. Il faut donc lancer des programmes d'observation pour recenser et évaluer la masse de ces objets. Après plusieurs années de travail les résultats des divers programmes de recherche indiquent que l'addition de toutes ces masses ne suffit pas à réconcilier les mesures divergentes entre masse dynamique et masse lumineuse.

Le mystère demeure : la masse de la matière ordinaire ne représente qu'environ 20% de la masse dynamique calculée et il faut trouver une autre solution pour trouver la masse manquante.

Cette masse manquante, sur laquelle on ne sait rien, a été baptisée "matière noire" et les astrophysiciens se sont alors tournés vers leurs collègues physiciens des particules en quête d'un peu d'aide. Est-ce que ces derniers n'avaient pas en réserve une petite particule de derrière les fagots qui pourrait résoudre leur problème ? Le neutrino était un bon candidat mais sa masse est trop faible. N'étant jamais à court d'idées les spécialistes de la physique de particules ont proposé beaucoup d'autres candidats (neutralinos, zino, photino et higgsinos, etc). Tout un bestiaire que les astrophysiciens désignent sous l'acronyme WIMPS (un bel acronyme qui signifie "particules massives interagissant faiblement") et qui conviendrait parfaitement : ces particules sont massives (donc elles contribuent à la masse dynamique) mais elles interagissent faiblement (donc elles ne contribuent que très peu à la masse lumineuse).

La course a donc démarré pour la détection de ces fameuses WIMPS. Des projets à foison, des collaborations comme s'il en pleuvait (EDELWEISS, CDMS, PAMELA, CRESST, DAMA, AMS, MACHe3, etc).
L'enjeu est d'importance : le Nobel pour le vainqueur et surtout la gloire d'avoir résolu un extraordinaire mystère. De quoi est fait l'Univers ? La matière que nous voyons ne représente que quelques pour cents de la réalité et le découvreur des WIMPS pourra dire qu'il a, au moins sur le point de la masse, découvert plus de choses que quiconque avant lui. Quelle extase ! Quelle motivation !

La compétition est donc rude et, comme toujours dans ces cas là, l'éthique scientifique est en danger.
Quand le bruit a commencé à se répandre que la collaboration du satellite PAMELA avait des résultats intéressants l'excitation a commencé à monter. Les scientifiques du projet PAMELA on présenté des résultats très préliminaires lors d'une conférence à Stockholm (idm08) le mois dernier semblant indiquer un excès de rayons cosmiques qui serait compatible avec l'existence des particules de la matière noire. Beaucoup de conditionnels donc.
Cela n'a pas empêché certains théoriciens de clamer que ces données préliminaires étaient en accord avec leurs prédictions et leurs modèles, sans doute histoire de se placer au cas ou la bonne nouvelle se confirme. Ainsi Marco Cirelli (du CEA) et Alessandro Strumia (de l'Université de Pise) affirment dans un papier que leur modèle (MDM pour Minimal Dark Matter) avait fait des prédictions qui sont parfaitement compatibles avec les nouvelles données de PAMELA.
Mais comment ces théoriciens peuvent-ils avancer que les résultats de PAMELA confirment leur modèle alors que ces résultats n'ont pas fait l'objet d'une publication officielle ni même d'une prépublication sur des serveurs comme arXiv ?
La réponse se trouve dans les notes en bas de page de l'article et je vous la livre telle quelle : "[3] Talk by M. Boezio at the idm08 conference. In order to comply with the publication policy, the preliminary data points for positron and antiproton fluxes plotted in our figures have been extracted from a photo of the slides taken during the talk".

Oui, oui vous avez bien lu. Comme les résultats d'AMANDA étaient trop préliminaires, comme aucun article précis sur les données chiffrées n'était disponible et comme nos deux chercheurs voulaient à toute force défendre leur modèle le plus rapidement possible, ils ont photographié en douce les slides lors de la présentation !!
Je pense que là on est arrivé assez loin en terme de comportement "limite" sur le plan de l'éthique scientifique. C'est d'ailleurs l'avis de l'astrophysicien Arthur Jaffe : "a photograph of the slides sounds more like amateur spycraft than legitimate scientific data-sharing".

L'avènement du Net a accéléré les échanges scientifiques de manière extraordinaire et les serveurs de prépublications permettent de partager instantanément des idées sans devoir attendre des mois ou des années pour une revue par les pairs avant publication officielle. Tout cela et bel et bon mais il faut savoir poser des limites. Quand on photographie subrepticement des slides d'une présentation n'ayant même pas fait l'objet d'une prépublication afin d'uploader le plus vite possible sur arXiv une défense de son modèle et une revendication de priorité je pense que la limite est franchie.

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Intrusion sur les serveurs Fedora/Red Hat

Posté le 23 août 2008
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Le 14 août les administrateurs des serveurs de Fedora ont envoyé un message indiquant qu'ils avaient détecté un problème sérieux et qu'ils étaient en cours d'investigation à ce sujet : http://lwn.net/Articles/294188/

Dans l'intervalle ils conseillaient de ne pas télécharger le moindre paquet : "as a precaution, we recommend you not download or update any additional packages on your Fedora systems".

Evidemment une telle annonce fait immédiatement penser à un grave problème de sécurité et les utilisateurs de Fedora se sont senti inquiets. L'attente a donc commencé pour avoir des détails sur ce problème.

Le 16 août nouveau mail de Fedora indiquant que les administrateurs étaient toujours au travail et demandant aux utilisateurs de prendre leur mal en patience : http://lwn.net/Articles/294324/

"The Fedora Infrastructure team continues to work on the issues we discovered earlier this week (...) Please be patient as we continue to work the problem".

A partir de là les spéculations les plus folles ont commencé à courir. Si cela prenait autant de temps c'est qu'il s'agissait vraisemblablement d'un souci très grave et le pire était à envisager. L'exaspération a commencé à monter chez certains utilisateurs qui voulaient avoir plus d'informations pour évaluer la vulnérabilité de leurs systèmes. Le fait de savoir qu'une grosse merde à du arriver et de ne pas avoir le moindre détail à ce sujet est particulièrement frustrant.

Le 19 août encore un mail des admins de Fedora : http://lwn.net/Articles/294547/

Toujours pas le moindre détail et le "conseil" de ne pas télécharger de paquets est toujours valable.
Le mail demande à la communauté des utilisateurs d'attendre que tout soit revenu à la normale : "Please give the infrastructure team the time they need to do this demanding work (...) We know the community is awaiting more detail on the past week's activities and their causes. We're preparing a timeline and details and will make them available in the near future. We appreciate the community's patience, and will continue to post updates to the fedora-announce-list as soon as possible".

Les commentaires continuent de fuser au sujet de la probable compromission des serveurs. Si les admins mettent autant de temps c'est que la faille doit être importante. Est-ce spécifique à Fedora ou est-ce que les autres distributions sont touchées ? Des paquets trojanés ont-ils été distribués par un pirate ? Peut-être est-ce juste un problème matériel sur les serveurs et pas une brèche de sécurité ? Ou alors une invasion d'extra-terrestres ?

Enfin le 22 août un mail sur la liste de diffusion Fedora-annonce donne les détails et met fin à cette interminable attente : http://lwn.net/Articles/295134/

Une intrusion a bien eu lieu sur les serveurs de Fedora et aussi sur ceux de Red Hat !
Le pirate a pu signer des paquets et Red Hat a sorti un bulletin d'alerte de niveau "Critical" : http://rhn.redhat.com/errata/RHSA-2008-0855.html

Dans cette alerte on lit la phrase suivante qui fait froid dans le dos : "In connection with the incident, the intruder was able to sign a small number of OpenSSH packages".

Il semble toutefois que ces paquets ont seulement pu être signés mais n'ont pas été distribués aux utilisateurs du canal de distribution officiel Red Hat.
En ce qui concerne Fedora l'un des serveurs compromis contenait la clé de signature des paquets de la distributions mais les investigations n'ont pas pu mettre en évidence de compromission de cette clé de signature : "we have high confidence that the intruder was not able to capture the passphrase used to secure the Fedora package signing key".

Par mesure de sécurité la clé a été changée et les paquets ont été vérifiés sans que le moindre cheval de Troie ne soit détecté. Les utilisateurs peuvent maintenant reprendre leurs mises à jour et leurs téléchargements : "At this time we are confident there is little risk to Fedora users who wish to install or upgrade signed Fedora packages".

Bien entendu CentOS, qui est basé sur Red Hat, a investigué de son coté : http://lwn.net/Articles/295221/
D'après les administrateurs il n'y a pas eu de problème : "We can now assure everyone that no compromise has taken place anywhere within the CentOS infrastructure".

Donc au bilan qu'avons nous ?

1) Une intrusion sur les serveurs de Fedora et Red Hat. C'est horriblement inquiétant et il faut absolument savoir comment cela a pu se produire. Pour l'instant aucune info n'est disponible à ce sujet. Est-ce une erreur humaine ou une faille technique ? Si c'est un bug est-il générique à Linux ou spécifique aux serveurs compromis ?

2) Le pirate a réussi a signer le paquet OpenSSH de Red Hat mais, à priori, il n'a rien pu faire de plus. Ni compromettre le paquet, ni le distribuer. A noter que cette absence de distribution ne vaut que pour le canal officiel Red Hat et pas pour des dépôts tiers. Il faudra là aussi attendre pour avoir plus de détails.

3) La rétention de l'information a été parfaite de la part de Fedora/Red Hat. Aucune info n'a fuité avant l'annonce officielle et les admins de la distribution ont pu enquêter sans qu'il y ait une folie médiatique autour d'eux. La contrepartie étant le bouillonnement des spéculations pendant plus d'une semaine et l'incertitude des utilisateurs sur la sécurité de leurs systèmes.

Au final je pense que cette chaude alerte pourrait être bénéfique dans la mesure ou elle incitera sans doute les distributions Linux à renforcer leurs mesures de sécurité. La facilité d'installation des logiciels sous Linux, du fait de l'existence des dépôts centralisés, à une contrepartie : Les serveurs hébergeant ces dépôts doivent être des forteresses !

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Participer un développement de Linux

Posté le 13 août 2008
0
Si vous voulez devenir un kernel hacker et tomber les filles il faut que vous soyez au courant de toutes les "bonnes pratiques" du développement du noyau.
C'est votre jour de chance car Jonathan Corbet, l'homme derrière LWN vient de publier sur le site de la Linux Foundation un guide du développement Linux.

http://ldn.linuxfoundation.org/book/1-what-this-document-is-(...)

C'est très complet, très intéressant et c'est bourré de conseils d'un des types qui connaît le mieux le processus de dev du noyau. J'en conseille vraiment la lecture même si vous n'avez jamais écrit le moindre patch car on comprends beaucoup mieux toute l'organisation et le fonctionnement de la grosse machine qui crache un nouveau noyau tous les 3 mois.
Pour l'instant ce n'est accessible que sous la forme de pages web successives mais la création d'un gros pdf global est prévue.

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Microsoft donne 100000 dollars à la fondation Apache

Posté le 25 juillet 2008
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La nouvelle est disponible ici :
http://arstechnica.com/news.ars/post/20080725-microsoft-to-s(...)

Microsoft devient un sponsor Platinium de la fondation Apache et va verser une somme annuelle de 100000 dollars !
A première vue cela semble très étrange que Microsoft sponsorise ainsi le concurrent de son serveur web IIS...Mais en fait on se rend vite compte que l'ASF (Apache Software Foundation) chapaute une foultitude d'autres projets que le serveur web Apache. L'article évoque notamment le projet "Apache POI" que est une bibliothèque Java pour lire et écrire les divers format Microsoft Office. Ceci explique peut-être cela.

En tout cas ce sponsoring est indéniablement une bonne nouvelle pour le libre.
Peut-être que cette décision de Microsoft est le signe d'un changement d'orientation graduel de la part de Redmond ? Peut-être qu'après la guerre des mots (Linux est un cancer) on se dirige vers un armistice et une période plus coopérative ?

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Pourquoi Mono/C# est une folie

Posté le 21 juillet 2008
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Il y a toujours eu beaucoup de critiques sur le travail de Miguel de Icaza en ce qui concerne Mono et C#.
Outre la méfiance envers tout ce qui vient de Microsoft, l'argument le plus souvent employé est que le monde du libre va être perpétuellement à la traîne de Microsoft et ne pourra donc jamais innover. Comme C# est une techno Microsoft la conséquence logique c'est que de Icaza et ses développeurs vont se contenter de plus ou moins tout réimplémenter et qu'ils ne pourront jamais décider du futur de cette technologie.
Si cet argument semble de bon sens je n'en avait toutefois jamais vu de manifestation concrète....jusqu'à aujourd'hui.

Le groupe Microsoft chargé de la future version 4 de C# vient de donner une interview sur leur travail : http://channel9.msdn.com/posts/Charles/C-40-Meet-the-Design-(...)
C'est essentiellement beaucoup de blabla sans aucun détail technique spécifiques sur les nouveautés du langage.
Miguel de Icaza a posté une entrée dans son blog au sujet de cette interview. Il commence par s'extasier sur le fait que la team C# de Microsoft se réunit dans la même pièce 3 fois par semaine et depuis 9 ans. Pour Miguel cela explique pourquoi le langage a aussi bien évolué.

Mais ce qui est vraiment révélateur/fascinant/consternant/hallucinant ce sont les 2 phrases suivantes de Miguel :

"Malheureusement il n'y a pas de détails dans l'interview à propos des nouveautés de C# 4.0. Nous devons attendre jusqu'au PDC (Professional Developers Conference) pour avoir une idée de ce qui va arriver.
Heureusement, le compilateur C# de Mono est déjà compatible avec la version 3.0 et nous sommes prêt à ajouter les fonctions de la version 4.0 dès qu'elles seront rendues publiques
".

C'est vraiment l'aveu franc et ingénu du mode de développement de Mono/C# par Miguel de Icaza et son team. On laisse Microsoft décider de tout et ensuite on réimplémente avec plusieurs mois/années de retard. Le monde du libre n'a rien à dire.
Autrement dit et pour reprendre la critique du début : "ils ne pourront jamais décider du futur de cette technologie".

Conclusion : Faire reposer des éléments essentiels de l'écosystème Linux sur Mono/C# est dangereux car c'est Microsoft le seul et unique décideur.

> Lire le journal (298 commentaires, moyenne: 2,8).

The Linux developers are selfish dickheads

Posté le 03 juillet 2008
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Jeudi étant presque vendredi je me permet d'attirer votre attention sur un post de Theo de Raadt (leader d'OpenBSD) se trouvant ici : http://lwn.net/Articles/288299/

Nous avons là un troll d'un fort beau gabarit, même pour les standards sévères de Theo.

Comme toujours il y a un fond de vérité dans son "argumentation" qui est que les développeurs Linux ne se battent pas assez fermement pour obtenir de la documentation libre auprès des compagnies.
Il y a des cas ou le pilote Linux est fourni par l'entreprise en question sans aucune documentation et avec un source obscurci par l'appel à des "nombres magiques", etc. Bien entendu dans ce cas il est difficile pour les devs d'OpenBSD d'écrire un pilote pour leur OS. Pareil quand quelques développeurs Linux signent des NDA avec les firmes pour pouvoir écrire un pilote. Certes on peut lire le source de ce pilote et en comprendre assez sur le fonctionnement du hardware pour écrire un pilote OpenBSD mais il serait plus profitable pour le monde du libre dans son ensemble que la firme libère directement de la documentation.

Ce fond de vérité dans le discours de Theo est malheureusement obscurci par son agressivité maladive et sa propension à insulter généreusement tout ce qui bouge.

Il commence par dire qu'OpenBSB a plus fait sur ce front que tous les autres réunis : "Personally I believe that all the other free operating systems added together have worked MUCH LESS on this than we have".
Je ne sais pas si c'est vrai mais on pourrait s'interroger sur les poids respectifs d'OpenBSD et de Linux dans la décision de certaines compagnies de libérer leurs docs ou leurs pilotes. Est-ce que AMD a ouvert sa documentation parce que Theo a crié très fort et à fait les gros yeux ou bien est-ce parce que Linux est devenu un système trop important pour l'ignorer et que c'est un bon moyen de se différencier de NVidia sur ce marché ?

Ensuite le morceau de bravoure de Theo qui accuse les développeurs Linux de se garder la doc pour eux afin de pouvoir se créer un monopole à la Microsoft par rapport aux autres OS libres : "The Linux developers are selfish dickheads who have exactly the same monopolistic mindset as Microsoft -- who also signs NDAs with vendors. I see nothing different about their processes. They want an advantage. And having vendors documents is an advantage".

Enfin, pour la bonne bouche, une petite attaque personnelle contre Linus et une remarque politique surprenante : "He is a monopolist, and the current situation is that Linux is strong enough that they get documentation from most vendors, under NDAs. That makes them like the other super power who they love to hate, and keeps all the other people trying to write operating system code third world. And that suits their very American viewpoint just fine, I suppose".
Donc Linus et ses sbires ont ourdi un plan machiavélique qui est de priver les autres OS libres de la doc qu'ils obtiennent facilement. Cela dans le but d'obtenir un monopole et de laisser crever les concurrents. Ce plan machiavélique que les devs de Linux mettent en place serait le reflet de leur mentalité américaine.

Sans parler de la paranoïa aiguë que cette "théorie" révèle et de la grotesque généralisation finale il me semble que le problème principal est beaucoup plus simple que ça. La communauté Linux est grande, très grande, immensément plus grande que la communauté OpenBSD. Les devs OpenBSD sont un petit club soudé et les gens partagent une même vision sans compromis de la liberté du code. Les devs Linux sont des milliers et la philosophie du libre qui s'en dégage est nécessairement plus diverse. Certains devs Linux signent des NDA et d'autres non. Certains devs Linux s'accommodent de pilotes sans doc et d'autres continuent de réclamer cette doc à la compagnie à l'origine du pilote.
Bien entendu il faudrait faire plus. Bien entendu le combat du libre doit continuer et il faut maintenir la pression sur les firmes. Mais insulter les gens et se proclamer le seul à faire avancer la cause n'est pas le bon moyen pour ça.
Je note que Richard Stallman ne s'est pas trompé sur la qualité des contributions de Theo puisque la FSF lui a décerné son "Free Software award" en 2004.
Theo lui ne rate jamais une occasion de cracher sur Stallman : "He cried, and nothing happened. He cried, and then did no reverse engineering. He cried, and the only people who listened and agreed are those who do nothing".

C'est quand même vraiment dommage qu'un type aussi talentueux et déterminé que Theo, qui a fait et qui continue de faire autant pour la cause du logiciel libre...soit en même temps un tel sociopathe.

> Lire le journal (132 commentaires, moyenne: 2,9).

Firefox 3 : Plus de 8 millions en 24h

Posté le 18 juin 2008
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A la suite de l'opération marketing visant à établir un record de téléchargement en 24h pour la nouvelle version de Firefox, le chiffre s'établit au-dessus des 8 millions.
Que l'on aime ou pas ce genre de record c'est tout de même un succès retentissant pour la fondation Mozilla. En effet La FAQ précisait les objectifs :
- Devons-nous atteindre un nombre de téléchargements spécifiques pour établir le record ?
- C'est la première tentative de record de ce genre, il n'y a donc pas de nombre défini. Nous aimerions vraiment dépasser le nombre de téléchargements de Firefox 2 lors de son lancement, qui était de 1,6 millions. Visons les 5 millions, il n'y a pas de limites !


Avec plus de 8 millions de téléchargements en 24h le contrat est donc plus que rempli. Rappelons que ce chiffre n'inclut pas les mises à jour, n'inclut pas les téléchargements multiples derrière des proxy d'entreprises et qu'il n'est que le prélude aux téléchargements à venir des linuxiens qui privilégient les paquets de leur distribution.
Firefox et la fondation Mozilla, avec ce record publicitaire, vont sans doute pouvoir surfer sur une vague publicitaire gratuite pendant quelques semaines. Ne soyons pas grincheux et félicitons-nous de cette réussite d'un logiciel libre emblématique.

> Lire le journal (34 commentaires, moyenne: 3,5).

[HS] Tester les intuitions morales

Posté le 31 mai 2008
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1) Un conducteur de tramway a perdu le contrôle de son engin et les freins ne fonctionnent plus. Sur son chemin se trouvent 5 personnes qui discutent tranquillement sans se rendre compte que le tramway fonce sur eux.
Un employé de la compagnie du tramway a devant lui une manette d'aiguillage qui permettra de détourner le tramway sur une voie de garage. Malheureusement une personne se trouve sur cette autre voie et elle sera certainement écrasée par le tramway.
Selon-vous le fait d'actionner la manette est-il, pour l'employé, obligatoire, acceptable ou moralement interdit ?

2) Un passant sachant nager passe à côté d'une fillette en train de se noyer dans une mare. Il n'y a personne d'autre aux environs. Si le passant plonge pour secourir l'enfant elle sera sauvée mais son pantalon sera fichu.
Selon-vous le fait de plonger sauver l'enfant est-il, pour le passant, obligatoire, acceptable ou moralement interdit ?

3) Dans un hôpital 5 patients sont en attente d'une greffe. Leur mort est certaine s'ils ne trouvent pas des organes le plus vite possible. Malheureusement aucun organe n'est actuellement disponible.
Un jeune homme est présent dans la salle d'attente de l'hôpital et si le chirurgien l'endormait et prélevait ses organes alors il pourrait sauver les 5 patients en attente de greffe, au prix de la mort du donneur.
Selon-vous le fait de provoquer sa mort pour prendre ses organes afin de les donner aux 5 patients est-il, pour le chirurgien, obligatoire, acceptable ou moralement interdit ?

Les trois problèmes ci-dessus sont des expériences de pensée visant à tester nos intuitions éthiques et morales. Comment savons-nous que tel choix que nous faisons est juste ou injuste ? Les gens sont-ils logiques dans leur raisonnements éthiques ou bien se laissent-ils tromper par leurs émotions ? Les choix moraux sont-ils affectés par les croyances religieuses, l'éducation, l'origine sociale, le pays, l'âge, le métier ?
Toutes ces questions passionnantes sont explorées par les psychologues et les philosophes, par exemple Marc Hauser qui fait des recherches en psychologie, au "Cognitive Evolution Laboratory" de l'université de Harvard. Il s'est toujours intéressé aux justifications que nous employons lors de nos choix moraux et il a décidé d'étudier les réponses d'individus face à un ensemble de dilemmes imaginaires.

Pour cela il a mis en place un questionnaire (en flash...grrr) qui est confidentiel et anonyme et qui lui permet de rassembler des données sur ces problèmes épineux : Page du questionnaire.

Bien entendu afin de ne pas biaiser les résultats il ne faut participer qu'une seule fois au test. Si vous voulez participer il faudra savoir lire l'anglais et bien comprendre le scénario. Donc c'est pour les fluent in english (au moins l'anglais écrit).

Le grand philosophe australien Peter Singer a écrit deux excellents petits articles de vulgarisation, disponibles en français, sur cette question des expériences de pensée dans le domaine de l'éthique.
Le but de tout ceci est juste de faire prendre conscience que, en dépit de ce que l'on croit, nos choix moraux et éthiques sont issus de notre histoire évolutive. Seul ce fait peut expliquer qu'en dépit de toutes nos différences (culturelles, géographiques, religieuses, etc) on observe une remarquable convergence sur les réponses aux tests. Sur les trois problèmes initiaux posés dans ce journal les réponses de 1500 personnes originaires du monde entier se répartissent ainsi : 90% d'entre eux pensent qu'il est acceptable d'actionner la manette, 97% qu'il est obligatoire de sauver la fillette et 97% qu'il est interdit de prélever les organes de l'homme en bonne santé.
Notre "boussole morale" est donc commune à tous les membres de l'espèce et, comme l'écrit Singer: "ces intuitions (éthiques) reflètent l'aboutissement de millions d'années au cours desquelles nos ancêtres ont vécu comme des mammifères sociaux, et elles font partie de notre héritage commun."
L'ennui c'est que ce système moral intégré a évolué dans un environnement très différent de notre monde moderne. Il n'est pas armé pour faire face aux problèmes épineux comme la question de l'avortement, de la fécondation in-vitro, du tri génétique des embryons, de l'euthanasie médicale, etc.
L'analyse de dilemmes éthiques de plus en plus contre-intuitifs est donc devenu une méthode standard pour essayer de pousser dans ses derniers retranchements notre sens éthique instinctif et démontrer son irrationalité dans certains cas. Le problème du tramway a été raffiné et de nombreuses variantes existent.
Par exemple: Que feriez-vous si vous étiez sur un pont surplombant la voie du tramway qui se dirige vers le groupe de 5 personnes et que le seul moyen de stopper le tramway soit de pousser la personne obèse se trouvant à coté de vous ? Vous êtes trop léger pour arrêter le tramway alors que lui, avec ses 150 kilos, va pouvoir le stopper.
Pousseriez-vous cette personne du pont, et si non pourquoi votre réponse est-elle différente du problème numéro 1 ? Le fait de le pousser directement au lieu d'actionner simplement une manette ? Mais alors que diriez-vous d'une manette actionnant une trappe pour faire tomber l'obèse sur la voie afin d'arrêter le tram ? Plus besoin de le pousser non ? Il est intéressant de savoir que dans cette configuration les réponses des gens s'inversent par rapport au problème 1 et qu'une majorité refuse de sacrifier cette personne.
Et si les 5 personnes menacés par le tram sont des criminels condamnés qui sont en train de déblayer la voie est-ce que cela change votre réponse ? Ou encore si l'inconnu se trouvant sur la voie de garage (et qui aura l'infortune de périr si vous actionnez la manette) est remplacé par votre mère ?

On voit bien que ces questions difficiles sont des outils très efficaces pour comprendre le fonctionnement de nos intuitions morales et le nouveau domaine de la "neuroéthique" utilise d'ailleurs l’imagerie par résonance magnétique pour observer le cerveau pendant que nous réfléchissons à ces pièges moraux.
Donc, si vous voulez faire progresser la science mais n'avez de scanner à votre disposition, allez donc faire un tour sur le questionnaire de Marc Hauser. Après tout une réflexion sérieuse et une remise en question de certains de nos préjugés éthiques ne peut-être que bénéfique.

> Lire le journal (207 commentaires, moyenne: 3,1).

Le quinzième anniversaire et Atlas

Posté le 10 mai 2008
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En mars 1989 un ingénieur informaticien anglais travaillant au CERN, Tim Berners-Lee propose une idée originale à son patron Mike Sendall.
Sous le titre anodin de "Information Management: a Proposal" il envisage un système de liens à l'intérieur de documents . Ces documents hypertextuels seraient distribués sur le réseau informatique afin que les chercheurs en physique des particules puissent partager leurs informations au sein du CERN.
A Noël 1990 les choses sont en place. Le tout premier navigateur (nommé WorldWideWeb) permet d'accéder au tout premier serveur Web (une station NeXT) à l'adresse info.cern.ch pour visualiser la toute première page web.

Tout cela est très bien me direz-vous mais tout ceci s'est passé il y a presque 18 ans. Quel est donc ce quinzième anniversaire qui est annoncé dans le titre ?
Et bien cet anniversaire est tout simplement celui de la libération du Web. Constatant que son invention était utile aux physiciens, le conseil du CERN a décidé le 30 avril 1993 de passer le code source du navigateur WorldWideWeb sous licence libre. Berners-Lee a hésité un peu à choisir la GPL mais a finalement opté pour la mise dans le domaine public. Ce passage dans le domaine public a été absolument crucial pour le développement de la toile. C'est grâce à ce choix que la progression a pu être fulgurante (croissance de 341634 % en 1994) et que la vague des autres navigateurs (à commencer par Mosaic) a pu déferler.

Selon Tim Berners-Lee : "La décision du CERN de faire que les fondations et les protocoles du Web soient disponibles librement, sans royalties et autres restrictions, a été cruciale pour son existence. Sans cet engagement, l'énorme investissement des particuliers et des entreprises dans les technologies du Web n'aurait tout simplement jamais pu se produire, et nous n'aurions pas le Web aujourd'hui".

Tout cela est très bien me direz-vous une nouvelle fois mais quel est le rapport avec le "Atlas" qui se trouve dans le titre ?
En réalité je vous ai donné un indice en collant un lien vers le tout premier navigateur de Berners-Lee, le bien nommé WorldWideWeb. Que voyez-vous sur la copie d'écran proposée par Wikipédia ? Si, si rapprochez-vous et passez en pleine résolution, vous verrez mieux.
Et oui. Dans cette fenêtre de navigateur nous voyons un schéma du détecteur de particules Atlas qui fait partie du LHC (le grand collisionneur de hadrons).
Ce qui est proprement hallucinant c'est de penser que ni le LHC, ni Atlas n'ont encore été mis en marche ! Si vous allez sur le site d'Atlas vous pourrez lire que : "Starting later in 2008, the ATLAS detector will search for new discoveries in the head-on collisions of protons of extraordinarily high energy".
Ce qui est important ici c'est le "will". C'est du futur les gars ! Ce n'est pas encore arrivé. C'est pour bientôt mais pas pour tout de suite.

Est-ce que maintenant vous vous rendez compte du temps que cela exige de construire ces cathédrales modernes que sont les collisionneurs de particules ?
En 1993 le Web était un bébé vagissant. Pas de sites perso ni de déclaration d'impôts en ligne. Pas de Google, ni d'Amazon, ni de Wikipédia, ni de Linuxfr. Il y a quinze ans le monde était différent. Il n'y avait pas de boutiques en lignes et si vous vouliez acheter un livre il fallait aller à la librairie la plus proche ou commander par téléphone à l'aveuglette. Si vous vouliez vérifier la superficie du Grand Canyon ou la température du coeur du soleil il fallait aller à la bibliothèque ou acheter horriblement cher une encyclopédie incomplète et périmée. Si vous aviez des choses à dire, intéressantes ou dérisoires, vous ne pouviez les dire qu'à vos proches (à moins que vous ne soyez membre de l'infime minorité des gens célèbres).
Sur tous ces points le monde a changé radicalement depuis 1993...et pourtant, sur la copie d'écran archéologique du navigateur WorldWideWeb, Atlas était déjà là, parfaitement conçu. Son modèle 3D était exactement identique a ce qu'il est matériellement aujourd'hui. Le travail de recherche et de conception avait donc commencé encore bien avant pour finir par aboutir maintenant à ce sommet inimaginable de complexité. Regardez les photos de ce monumental sandwich d'électroaimants supra-conducteurs, de couches de détecteurs en silicium, de scintillateurs en polystyrène transparent et de calorimètres électromagnétiques en plomb et en argon liquide. Pensez qu'il va générer 1000 téraoctets par seconde de données brutes.

Quand, lors d'une journée banale en juillet ou en août, les premiers faisceaux se rencontreront dans le détecteur Atlas, que les protons se changeront en énergie pure et que débutera la chasse au Higgs alors vous penserez à cette vieille copie d'écran datant d'une autre ère.
Le Web tel que nous le connaissons aura été créé pour que ce jour arrive.

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Un plan pour le noyau Linux

Posté le 07 mai 2008
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Voulez-vous d'une représentation graphique interactive du noyau Linux ? Une sorte de plan zoomable des différentes briques fonctionnelles du noyau ?
Ce serait cool c'est sûr.
Et puis quand on arrive à un certain degré de zoom on pourrait voir les noms des fonctions. En cliquant dessus on ouvrirait un onglet avec le code source. Ce serait pas mal hein ? Ludique et utile en même temps !

Et bien soyez heureux car quelqu'un a pensé à le faire. Cela se trouve en cliquant ce lien et il y a une introduction par ici.

La vie est belle non ?

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Iron Man

Posté le 05 mai 2008
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Comme le sujet des news ciné sur Linuxfr est toujours très controversé (cf l'écharpage sur la news "There will be blood" qui dure depuis le 30 avril entre les modos/relecteurs) j'ai décidé de parler d'Iron man dans un journal.

Alors je l'ai vu en vf et mon compte-rendu sera bref : C'est une bouse.
Certes les effets spéciaux sont impressionnants mais on peut dire la même chose de tous les films à grand spectacle récents. Le design de l'armure est quand même assez sympa.
Le scénario est tous simplement bête : un milliardaire playboy et séducteur (bonne occasion de montrer des filles canon) patron d'une méga-firme de technologie d'armement est capturé par les méchants talibans. Avec deux bouts de ficelle et un cure-dents il se fabrique une armure robotisée géniale qui constitue l'arme absolue et lui permet de s'échapper (non sans avoir massacrer gaillardement les dits talibans). Une fois de retour chez lui aux USA il perfectionne son armure et se met au service du bien. En effet en Afghanistan il a vu que les armes vendues par sa firme sont employés par les méchants pour tuer les petits n'enfants et il a dès lors décidé de changer sa vocation. Mais voilà que le vice-président de la boite ne l'entends pas de cette oreille et il complote vicieusement contre son gentil patron. Un combat final sans aucune surprise s'ensuivra.
Voilà, voila. Rien de folichon donc.

Alors certes ce n'est quand même pas la sous-raclure que constitue les 4 fantastiques mais on n'est pas très loin.
Je n'entre même pas dans le sujet de la vraisemblance scientifique et technique (c'est pas parce que vous avez une armure solide qui ne se casse pas que vous allez survivre à une collision à 800 km/h avec un mur).
Faudra aussi m'expliquer l'histoire de l'électro-aiment sur le torse parce que j'ai rien compris. Au début on lui met l'électro-aimant dans la grotte afghane pour empêcher les shrapnels de migrer vers son coeur. C'est con mais pourquoi pas. Mais ensuite quand il est de retour aux USA pourquoi il continue à porter l'aimant ? Y'a pas de chirurgiens aux USA ? Ils peuvent pas retirer les shrapnels ?

En définitive les fans de la bd (y'en a ?) ne pourront pas s'empêcher d'aller le voir et seront probablement déçus. Les fans de films idiots à grand spectacle et à effets spéciaux spectaculaires iront le voir et seront contents. Les autres peuvent rester chez eux avec un bon livre et n'auront pas perdu leur temps.

PS : Pour ceux qui ne seront pas découragés par ce journal et qui iront perdre quelques euros au ciné je signale qu'après le générique de fin il y a une petite scène qui annonce un très probable Iron Man 2. Misère.....

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Mesurer la fréquentation des articles Wikipédia

Posté le 29 avril 2008
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Je ne sais pas si vous connaissez déjà et que j'arrive après la bataille mais j'ai découvert un site qui permet de consulter les statistiques de fréquentation des divers articles de Wikipedia : http://stats.grok.se/
On peut filtrer par pays ou par mois et ensuite il suffit d'entrer le titre de l'article Wikipedia dont on veut évaluer la fréquentation.

Par exemple si je regarde l'article "Pascal Sevran" d'avril sur Wikipedia fr : http://stats.grok.se/fr/200804/pascal%20sevran je constate que le nombre moyen de consultations est d'environ 70 par jour mais qu'il a du se passer un évènement tout à fait inhabituel le 21 avril car le nombre de visites bondit soudainement à plus de 25000 (soit 400 fois plus !!!).

Je tente maintenant l'article Germaine Tillion (qui est vraiment morte, elle). On voit sur http://stats.grok.se/fr/200804/germaine%20tillion qu'on passe de 30 visites par jour en moyenne à plus de 4000.

Ce site est donc très pratique pour jauger de la popularité des articles Wikipedia et étudier les tendances en fonction de l'actualité ou des modifications des articles.
Bien entendu vous garderez à l'esprit que popularité ne signifie pas qualité et que la fréquentation d'un article n'indique que peu de choses sur l'importance réelle du sujet. Le différentiel de popularité qui existe entre un l'article d'un pauvre présentateur d'émission de chanson comme Pascal Sevran et celui de l'admirable ethnologue résistante que fut Germaine Tillion est exemplaire à ce sujet.

PS : Profitez-en pour lire "Ravensbrück" de Germaine Tillion et "Prisonnière de Staline et de Hitler" tome 1 et 2 de Margarete Buber-neumann (qui fut sa grande amie). Ces livres vous changeront...et c'est ce qu'on peut attendre de mieux de la lecture d'un livre.

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Hans Reiser déclaré coupable

Posté le 29 avril 2008
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Le jugement est tombé dans le procès d'Hans Reiser.
L'auteur du système de fichiers ReiserFS a été déclaré coupable du meurtre de sa femme et a été condamné à 25 ans de prison.

http://blog.wired.com/27bstroke6/2008/04/reiser-guilty-o.htm(...)

Rappelons que le corps de Nina Rieser n'a jamais été retrouvé et que la défense d'Hans Reiser se basait sur la supposition qu'elle avait abandonné leur enfant et était retournée en Russie. Selon Wired, Hans Reiser a pris souvent la parole mais ses explications ont braqué les jurés par leur ton arrogant et méprisant.

Le juge a donné son opinion sur Hans Reiser à la fin du procès : "You are rude, you are arrogant. There are not enough words in the English language to describe the way you are."

Du coté Linux on peut dire que c'est sans doute la fin de la société Namesys qui était à l'origine de ReiserFS. Il est donc probable que la version ReiserFS 4 ne sera jamais intégrée dans la branche principale (de toute façon il y avait une forte résistance des développeurs noyaux du fait des choix technique d'Hans Reiser).

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OpenBSD et Richard Stallman

Posté le 11 avril 2008
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Je ne sais pas si vous êtes au courant mais à chaque nouvelle version d'OpenBSD une chanson (souvent très drôle) est créée afin de célébrer l'évènement.
Pour la version 4.1 il y a eu par exemple "Puffy Baba and the 40 Vendors" qui évoquait le problème du manque de documentation sur certains matériels.
La création de ces chansons est une tradition rigolote et sympathique de la communauté OpenBSD et j'ai toujours pensé que c'était une bonne idée...jusqu'à aujourd'hui.

C'est triste à dire aussi brutalement mais les responsables de la nouvelle chanson qui accompagne la future version OpenBSD 4.3 sont des gros cons.
Cela s'intitule "Home to Hypocrisy" (Lyrics by Ty Semaka and Nikkos Diochnos) et c'est tout simplement une attaque brutale contre Richard Stallman. Suite à la flame war de décembre les auteurs des paroles de la chanson ont du macérer leur haine et leur rancoeur et cela aboutit à cette merde.
Dans le texte accompagnant la chanson on peu lire des choses comme :

"He prefers actions which he thinks are best for him -- and him alone -- and then lies to the public."
"That man is a false leader. He is a hypocrite."
"He believes it is his God-given role to tell us what is best for us"

La chanson elle-même est basée vaguement sur l'Odyssée d'Ulysse. Après 13 ans de navigation la mascotte Puffy d'OpenBSD débarque enfin sur son île et découvre que les habitants ne veulent pas des merveilles qu'il rapporte. L'explication c'est qu'n dictateur est apparu pendant son absence et qu'il a instauré des nouvelles règles:

"Hypocrites appears
Puffy! You must obey my new rules! First rule one dictates you cannot give your code away
"

"And rule two dictates
You must give it to me so I can give it away properly for free
"

A noter que le dessin qui accompagne la chanson est encore plus con puisqu'une caricature de Stallman dit "You cannot sell your code" alors que, bien entendu, la GPL ne l'a jamais interdit.

C'est vraiment désolant de voir à quel point l'excellent projet OpenBSD est parasité par une poignée de connards qui semblent penser que leur ennemi principal est la FSF et Richard Stallman. Au lieu de se sentir une composante (importante !) de la grande et diverse communauté du libre ces gens balancent leur venin sur d'autres membres de la communauté.
Je suis absolument certain que certaines personnes vont me répondre que je prends ça trop au sérieux, que ce n'est que de l'humour, que ce n'est pas bien grave....mais ce n'est pas vrai. C'est sérieux. Et c'est grave. Les chansons d'OpenBSD ont toujours plus ou moins eu pour but de dénoncer les firmes propriétaires pour leur manie du secret, le manque de documentation, le problème des blobs binaires...etc. Ou alors c'était pour mettre en avant les points forts d'OpenBSD (comme pour la chanson sur CARP).
C'était une manière de se moquer et de souligner la différence entre le libre et le proprio. Une sorte d'étendard humoristique des valeurs du monde du libre.
Mais maintenant l'ennemi ce n'est plus les firmes qui font du proprio ou le monopole de Microsoft. Non l'ennemi c'est devenu pour quelques personnes la FSF et surtout Stallman.
Cette chanson est symptomatique de ce changement d'orientation et je trouve ça d'une stupidité incroyable.

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Thomas Edison battu par un français !

Posté le 29 mars 2008
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Le 25 mars 1857 un typographe et écrivain français, Édouard-Léon Scott de Martinville, dépose un brevet sur un engin bizarre nommé le phonautographe. Ce dernier se compose d'un grand pavillon servant à concentrer les sons et relié a une membrane souple jouant le rôle d'un diaphragme. Ce diaphragme est lui-même couplé avec une pointe ou stylet. Quand un son est émis dans le pavillon cela fait vibrer le diaphragme et donc la pointe. Si on place devant cette pointe vibrante un papier délicatement enduit de noir de fumée on peut observer des lignes blanches qui correspondent aux endroits ou le stylet a gratté la surface.
Une photo de cet astucieux dispositif est disponible ici.
Scott de Martinville n'avait pas prévu de moyen de relire le son ainsi enregistré. Ce n'était pour lui qu'un moyen d'enregistrer un son en le transformant en un diagramme visuel (les marques sur la surface du papier) pour pouvoir le préserver d'abord et l'étudier commodément ensuite.

Ces enregistrement (ou phonautogrammes) étaient jusqu'à présent considérées comme des curiosités. Une sorte de précurseur raté des vrais enregistrement sonores de Thomas Edison. En effet le Phonographe d'Edison permettait non seulement d'enregistrer un son mais aussi et surtout de restituer le son enregistré précédemment !
L'invention d'Edison, effectuée en 1877, était donc considéré comme l'acte de naissance de la technique absolument révolutionnaire permettant de fixer le son sur un support et qui a donnée naissance à l'industrie musicale.

C'est là qu'intervient un groupe d'américains passionnés par les enregistrement anciens et réunis dans une collaboration informelle nommée "First Sounds". Celle-ci rassemble des historiens, des ingénieurs, des archivistes et des scientifiques. Ils se sont donnés pour mission de découvrir et de protéger les plus rares enregistrements sonores de l'histoire de l'humanité.
Intrigué par l'exotique phonautographe de Scott de Martinville, l'historien David Giovannoni a passé un certain temps à Paris afin de fouiller les archives de Institut National de la Propriété Industrielle (là ou Scott de Martinville a déposé son brevet) et de l'Académie des Sciences. C'est dans cette dernière institution qu'il a fait la découverte de plusieurs phonautogrammes en parfait état de conservation. Le noir de fumée sur le papier était magnifiquement préservé et on voyait très bien les marques blanches gravées par le stylet.
Dès lors pourquoi ne pas tenter de retransformer ces enregistrements visuels en son ?
Il suffirait pour cela de scanner à haute résolution les phonautogrammes, de créer un modèle informatique précis de la pointe de lecture et de recréer alors le son produit par l'interaction entre ce stylet virtuel et le scan HD.
Deux scientifiques du Lawrence Berkeley National Laboratory se sont mis au travail en se basant sur des logiciels déjà développés par la Bibliothèque du Congrès et ils ont réussi a reconstituer le son d'un enregistrement datant de 1860.

Oui, oui vous avez bien lu. Cet enregistrement précède de 17 ans l'invention d'Edison. Encore mieux : le plus ancien enregistrement effectué avec le phonographe d'Edison et ayant été conservé était jusqu'à présent un extrait d'une chorale de Haendel datant de 1888. Avec la reconstitution par First Sounds du fameux phonautogramme de 1860, l'âge de la toute première musique enregistrée recule donc de 28 ans !

A l'annonce de cette nouvelle le New York Times s'est fendu d'un article détaillé qui se termine sur une petite note d'humour. En effet Scott de Martinville avait été ulcéré de constater que c'est Edison qui recueillait les lauriers alors que son phonographe américain n'était arrivé que bien après le phonautographe français. Il avait lancé un appel à ses compatriotes en les implorants de "ne pas laisser les américains s'emparer du prix". Bien entendu le New York Times a beau jeu de souligner qu'il "a fallu attendre un groupe de chercheurs américains pour sauver les travaux de Scott de Martinville des coffres-forts moisis de sa ville natale".

La musique reconstituée par ces chercheurs américains est un très court extrait d'Au clair de la lune. Cette petite chanson devient ainsi le plus ancien enregistrement musical de l'humanité !
Le fichier musical au format mp3 est disponible sur le site de First Sounds. A noter qu'il est placé sous licence "Creative Commons (by)". Cela signifie que l'oeuvre peut être librement utilisée, à la condition de l'attribuer à l'auteur en citant son nom.
D'autres enregistrements, encore plus vieux, sont téléchargeables mais leur reconstitution ne semble pas possible car à cette époque le phonautographe n'était pas vraiment au point et le résultat est inaudible.

En définitive Scott de Martinville, bien qu'étant un inventeur génial, aura eu tort. Il pensait que la musique enregistrée par son phonautographe ne pourrait plus jamais être entendue. Il croyait avoir transformé irrévocablement le son en un simple diagramme visuel. Il n'avait pas prévu que, 148 ans plus tard, une civilisation hyper-technologique fondée sur les ordinateurs parviendrait à faire revivre son enregistrement d'Au clair de la lune.

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38 Téraflops pour Renault F1...et Linux !

Posté le 10 mars 2008
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L'équipe Renault de Formule 1 vient d'acheter un supercalculateur d'une puissance de 38 Téraflops.
Ce très gros joujou (un Appro Xtreme-X2) est basé sur des AMD Opteron quadri-coeurs et possède 4.4 Téraoctets de mémoire et une connexion de type Infiniband.
La bestiole fonctionne sous RedHat AS v5 et le système de fichier des noeuds de calcul est Global File System (avec un peu de Ext3 pour /temp et /root).
La bibliothèque MPI servant a faire passer les messages entre les coeurs de calcul profite pleinement de la connectique Infiniband puisqu'il s'agit de MVAPICH (qui fait du MPI over Infiniband).

Le communiqué de presse est ici mais ce qui est bien plus intéressant c'est l'interview de Bob Bell, le directeur technique de Renault F1, que vient de publier le site hpcwire.
On y apprend que l'équipe Williams détient un supercalculateur de 8 Téraflops (minable ;-) alors que BMW Sauber en possède un de 12 Téraflops (ridicule ;-). Ces calculateurs sont utilisés pour faire tourner des "souffleries numériques" (c'est à dire des simulations CFD).
Bell indique que, traditionnellement, 90% du développement aérodynamique se faisait dans la soufflerie réelle. En juin, quand sera disponible le nouvel ordinateur, ce ratio tombera à 50% et le reste sera purement et simplement calculé par CFD (ce qui est beaucoup moins cher qu'un vrai tunnel avec des maquettes).
En plus la soufflerie numérique permet de comprendre en profondeur les phénomènes aérodynamiques alors que les tunnels ne fournissent qu'un résultat de performance sans qu'il y ait de compréhension réelle. En gros avant on essayait un nouvel aileron et ça marchait ou pas. Maintenant avec la CFD on sait pourquoi ça marche et on peut optimiser le dessin de l'aileron.
Les programmes utilisés sur le superordinateur de Renault sont, hélas, soit commerciaux et propriétaires (fournis par CD-Adapco) soit carrément développés directement par Renault (en partenariat avec Boeing.

Quoi qu'il en soit la puissance de cette machine est très impressionnante comparé à la concurrence. Bien entendu on ne connait pas les autres superordinateurs des écuries concurrentes. On sait que McLaren a un partenariat avec SGI et que Ferrari est lié avec AMD mais impossible de trouver des infos sur la puissance disponible. Pour Red Bull c'est un partenariat avec Platform computing afin d'utiliser une grille de calcul et, là encore, on ne connait rien d'autre. Des infos Régis ?
En tout cas c'est quand même hallucinant de voir qu'une babasse de 38 Téraflops est consacrée à une simple compétition sportive. En plus avec les limitations d'essais souhaitées par le pouvoir sportif l'avenir de la simulation numérique en F1 apparait absolument radieux. A quand le Pétaflops chez Renault ?

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Pouvez-vous m'en dire plus sur votre mort Joseph ?

Posté le 07 mars 2008
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Le professeur du MIT Joseph Weizenbaum est mort avant-hier, mercredi 5 mars.
Si vous ne connaissez pas son nom je peux peut-être vous mettre sur la voie en vous disant "ELIZA" ?

Et oui, Weizenbaum est l'auteur du fameux programme ELIZA, la première tentative de traitement du langage naturel. Son article de 1966 explique très bien la machinerie interne du programme qui simule un psychothérapeute lors d'une session avec un patient.
Tout est basé sur la reconnaissance de mot-clés dans une phrase et par l'injection de ces mots-clés dans des phrases préparées à l'avance. Ce n'est en fait que de la reformulation astucieuse.
C'est quand même étonnant de voir qu'en à peine 200 lignes de code il a pu créer le tout premier chatbot et que des gens on "parlé" à ELIZA comme s'il s'agissait d'un vrai psychothérapeute et y ont trouvé une consolation et un soutien moral pour affronter leurs problèmes personels.
Weizenbaum en a été le premier surpris et horrifié. Sa propre secrétaire, sachant pertinemment qu'ELIZA n'était qu'une machine, a pourtant conversé pendant des heures avec le programme et s'est dévoilé complètement car cela lui faisait du bien de confier ses problèmes à quelqu'un !!!!
Cela a beaucoup influencé la perception qu'a eu par la suite Weizenbaum au sujet de l'intelligence artificielle. Dans son livre "Computer Power and Human Reason" il critique le domaine et affirme que, même si l'intelligence artificielle est en théorie possible, nous ne devrions pas laisser des IA prendre des décisions importantes à notre place car ces ordinateurs ne seront pas dotés d'aptitudes et de sentiments humains comme la compassion ou la sagesse.
Je me souviens encore de ma fascination quand j'ai lu pour la première fois quelque chose sur ELIZA (c'était dans le merveilleux livre de Douglas Hofstadter, "Gödel, Escher, Bach".
Il y avait des retranscriptions de "conversations" entre ELIZA et des humains ne sachant pas qu'ils interagissaient avec une machine et il y avait également une discussion au sujet des implications philosophiques d'un programme permettant de converser avec un être humain. Hofstadter enchainait ensuite sur le programme SHRDLU et sur toute la problématique du test de Turing.
Si vous n'avez pas lu "Gödel, Escher, Bach" je ne peux que vous le recommander très chaudement.
Pour tester ELIZA vous pouvez utiliser Emacs car il y a un mode ELIZA qui permet de "discuter" avec le psychothérapeute mais vous pouvez également tenter l'aventure avec l'une des nombreuses versions en ligne.

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Top500 : La rétrospective des 15 ans.

Posté le 01 mars 2008
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Cela fait 15 ans maintenant que le Top500 existe. C'est en juin 1993 qu'est apparu le premier classement des 500 ordinateurs les plus puissants du monde et, tous les six mois, cette liste est scrupuleusement mise à jour.
Nous avons donc maintenant 30 classements derrière nous et le boss du Top500, le professeur Meuer, a décidé que c'était l'occasion d'écrire un article récapitulatif pour célébrer cet anniversaire.

Autant vous le dire tout de suite cet article est une pure jouissance pour le geek qui sommeille en nous. C'est rempli de tableaux, de statistiques, de comparatifs de toutes sortes...et en plus il y a des prédictions technologiques à la fin du texte ! Rhaaa...le pied !
Je me le suis imprimé en couleur et j'ai passé les 2 dernières heures à tout scruter avec ravissement. Prenez par exemple la figure 14 qui concerne les systèmes d'exploitation. On voit parfaitement que l'apparition de Linux sur ce marché des superordinateurs date de 1999 et qu'il y a eu une accélération dramatique de l'adoption de Linux en 2003 au détriment des Unix propriétaires.
Incroyable de voir aussi sur la figure 17 que jusqu'en 1996 il y avait des ordinateurs qui faisait partie de la liste et qui n'avaient...qu'un seul processeur de calcul ! Un autre monde...

La figure 6 est également très intéressante puisqu'elle compare les constructeurs de superordinateurs de la première liste Top500 à ceux de la trentième. C'est bluffant de voir comment les deux grosses boites traditionnelles que sont IBM et HP ont réussi à reprendre le dessus sur la horde de petits constructeurs qui étaient dans la liste en 1993. Les Meiko, Thinking Machines, nCube et autres MasPar n'existent plus désormais.

Ce qui est proprement stupéfiant à propos du Top500 c'est que cela permet de faire des prédictions extrêmement précises. En juin 1997 le professeur Meuer a décidé de prendre un risque. A cette époque il n'y avait qu'un seul ordinateur dans le monde qui atteignait le Teraflops, le superordinateur ASCI Red au laboratoire Sandia au Nouveau-Mexique. Il a étudié soigneusement la droite du tracé des performances sur une échelle logarithmique qui se trouve à la figure 10 et il a fait la prédiction suivante: En juin 2005 tous les ordinateurs de la liste Top500 auront une puissance supérieure à 1 Teraflops. Les figures 11a, 11b et 11c montrent l'évolution du parc au cours de cette période et on voit qu'exactement en juin 2005, comme cela avait été prédit 8 ans plus tôt, le dernier ordinateur de la liste atteint la puissance d'1 Teraflops. Impressionnant !

Il y a plein d'autres données croustillantes dans l'article. Par exemple la figure 21 montre très bien la progression par plateaux successifs des performances des numéros 1 de la liste. Typiquement quand une très grosse machine s'empare de la couronne, elle la garde pour plusieurs éditions du Top500.
Et savez vous qu'un laptop contemporain de haut de gamme (7 Gigaflops) aurait fait partie de la liste des 500 superordinateurs les plus puissants du monde en 1997 ?

La figure 22 permet de voir ce qui va se passer dans les années à venir en utilisant la même technique de "prolongement de la droite".
Ainsi votre laptop aura une puissance de 1 Teraflops en 2014 (c'est à dire à peine 18 ans après l'apparition d'ASCI Red, le premier ordinateur Teraflops du monde). Il faut entre 6 et 8 ans pour que le numéro 1 de la liste dégringole à la 500ième place et il faut entre 8 et 10 ans pour que la puissance du 500ième devienne celle d'un vulgaire laptop.
Le professeur Meuer a donc énoncé, en toute confiance, une nouvelle prédiction: Alors que dans la dernière liste de novembre 2007 aucun ordinateur n'atteint le Pétaflops, en 2015 il n'y aura plus dans le Top500 que des superordinateurs dépassant ce seuil mythique.
J'ai hâte d'y être !

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Dix propositions pour un droit d'auteur équitable

Posté le 20 février 2008
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Sur le blog de David Madore a été posté une très intéressante liste de mesures pour réformer le droit d'auteur.

Plutôt que de lutter défensivement contre la pression des lobbies du droit d'auteur, David prône un contre-lobbying basé sur des propositions concrètes afin de faire effectivement reculer l'emprise des restrictions actuelles.
Il fait remarquer que l'industrie n'a, sur ces questions, jamais reculé et que nos victoires (partielles) dans la lutte pour un droit d'auteur équilibré ne sont jamais que provisoires. Il est donc temps de passer à l'attaque et de faire pression pour que la loi évolue enfin dans le sens de l'intérêt général.

C'est article argumenté qui mérite d'être lu.

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La course à la sécurité

Posté le 18 février 2008
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Le site Distrowatch propose un très intéressant tableau comparatif pour voir le temps de réaction des principales distributions lors de la récente alerte de sécurité du noyau Linux.

Quel a été le délai entre la publication générale de l'alerte sur tous les sites (le 11 février) et la mise à disposition du patch correcteur par les différentes distributions ?

Distribution => Delay
Debian GNU/Linux => +0 hours
Fedora => +8 hours
Slackware Linux => +12 hours
Mandriva Linux => +19 hours
Frugalware Linux => +21 hours
openSUSE => +23 hours
rPath Linux => +26 hours
Red Hat Enterprise Linux => +27 hours
Ubuntu => +27 hours
CentOS => +37 hours

Le site Distrowatch souligne néanmoins qu'il ne faut pas surinterpréter ces chiffres. Certaines distros proposent le support de diverses architectures alors que d'autres ne sont disponibles pour les CPU les plus répandus. Il est évident que le temps de réaction ne sera pas le même.
De même les grosses distros commerciales (Red et Suse) testent certainement plus longtemps leurs patchs car les clients qui payent n'aiment pas les problèmes lors des mises à jour.

L'article de Distrowatch indique également que certaines distros (Arch ou Zenwalk par exemple) n'ont toujours pas proposé le patch correcteur à leurs utilisateurs.

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