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: La langue française dans l'aventure informatique

Posté par Manuel Menal (page perso, ). Modéré le 17 mars 2005.
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Dans le cadre de la semaine de la langue française et de la francophonie, l'AILF tiendra ce mardi 22 mars le colloque Lexi Praxi 2005 autour de « La langue française dans l'aventure informatique. »

Le colloque, qui reçoit notamment le soutien de la DGLFLF et du Ministère de la Recherche, propose un programme riche autour des thèmes et enjeux suivants :

- Faire vivre une langue pour maîtriser un domaine scientifique et technique
- Aménager la langue, de la recherche à l'industrie
- Sauvegarder un espace francophone dans la Formation ouverte à distance (e-learning)
- Diversité culturelle et enjeux de la localisation

La participation est fixée à 30 EUR pour les non membres de l'AILF (prix incluant les actes, le déjeuner, ainsi que les pauses café). La préinscription est obligatoire. Le colloque se déroule au Ministère de la Recherche, 1 rue Descartes, 75005 Paris (métro Cardinal Lemoine).

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Un grand absent?

Posté par kwikwi () le 17/03/2005 à 16:29. (lien). Évalué à 7.

Je suis assez étonné de ne pas voir, parmi les intervenants, de membre de l'ATILF (le laboratoire du CNRS qui fait le Trésor de la Langue Française, et notamment sa version informatisée le TLFi).
Pourtant, ce laboratoire est particulièrement concerné par ce genre de questions, et ses membres appartenant aux deux communautés de la linguistique et de l'informatique me semblaient des interlocuteurs naturels pour participer à un débat sur ce thème.
(Ceci dit, peut-être ont-ils décliné l'invitation...)

La question de la langue est très importante, notamment quand on voit et entend tous les jours utiliser des anglicismes abusifs au premier rang desquels "implémenter".
Pour l'anecdote, "implémenter" est un verbe dont l'usage ne se justifie en français que dans certains cas très spécifiques, lorsqu'un programme nécessite des modifications du matériel (ça me rappelle une sombre histoire d'action sur le monde physique permettant de justifier d'autres trucs, mais passons).
Il convient en fait d'employer le verbe "implanter" dans les autres cas - qui représentent donc une immense majorité des contextes d'utilisation de l'honni "implémenter" ; ainsi on "implante" un algorithme de tri, par exemple.
(Pour toutes références, une recherche google sur "implanter" et "implémenter" devrait vous fournir quelques pistes.)

Au début ça fait bizarre, mais après, on a mal aux oreilles quand on entend autre chose...

Le français et l'informatique

Posté par scylla (page perso, ) le 17/03/2005 à 17:03. (lien). Évalué à 3.

La défense du français est une très belle chose, mais elle me paraît parfois difficile. Dans le cadre de l'informatique en particulier, qui est une science largement dominée par l'industrie et la recherche anglo-saxone, j'ai régulièrement le sentiment que les initiatives de support de la langue française arrivent après la bataille.

Si on prend pour exemple un logiciel libre cherchant à se créer une communauté de développeurs, il paraît raisonnable que l'équipe initiale, si elle ne peut compter sur le support d'une organisation francophone (entreprise, LUG, ...), aura tout intérêt à écrire code et commentaires en anglais. C'est d'ailleurs il me semble précisé dans les GNU coding standards.

Tout cela pour illustrer le point suivant : une personne de langue française désirant lancer un projet informatique aura plus de facilités s'il est conduit en anglais. Et j'ai l'impression que cet état de fait rend difficile les initiatives qui visent à changer les choses. Si les français avaient été plus présents en informatique du temps de ses premiers balbutiements, les choses auraient pu être différentes.

C'est un cercle vicieux : peu de travail informatique d'envergure en français, donc peu d'outils, de documentation, d'émulation en français, donc peu d'intérêt à travailler en français pour les informaticiens.

Ma vision est certainement limitée, et je serai ravi qu'on me démontre mon erreur. Mais en attendant, en dehors du domaine éducatif, je travaille toujours en anglais.

Génial

Posté par Nicolas Tramo () le 17/03/2005 à 19:13. (lien). Évalué à 3.

Génial, on va voir débarquer une nouvelle fournée de débilologisme.

bon, faut que j'installe un greffon sur mon butineur pour pouvoir utiliser le cadrigiciel . Et un autre pour gérer mes témoins...

Un exemple réel

Posté par Bouil (Jabber id, page perso, ) le 18/03/2005 à 09:39. (lien). Évalué à 10.

Exemple réel d'un chercheur français en informatique que j'ai rencontré. On sait que dans le domaine de la recherche, plusieurs équipes travaillent sur les mêmes thématiques, et une équipe va trouver quelque chose d'interessant à publier peu avant son concurent.
Le chercheur en question a proposé un article à une conférence anglophone (elle le sont quasiment toutes aujourd'hui). Son papier a été jugé très interessant, mais refusé pour cause de rédaction en Anglais trop médiocre. Les scientifiques ne sont généralement pas spécialement doués pour les langues (elle ne sont pas régulières, et nécessitent majoritairement un apprentissage par c½ur), et l'anglais n'est pas aussi facile qu'il n'y parait (En France, un bachelier sur 100 ayant étudié l'anglais est capable de tenir une véritable conversation en Anglais.). Après avoir revu son article pour en améliorer la langue, le chercheur en question a reproposé son article. Il a été refusé... car un article présentant la même chose avait été publié entre temps.... par une équipe anglophone !

Ceci pour dire que le choix de la langue de communication internationale est loin d'être anodin, et l'Anglais, même s'il est moins pire que d'autres langues dans le rôle de langue internationale, est loin d'être une solution neutre.

Une négociation politique ou commerciale entre un anglophone natif et une personne ayant appris l'anglais équivaut à un match de ping pong dont l'un, droiter, est forcé de jouer avec sa main gauche. C'est joué d'avance, la langue est une arme. Le choix de l'anglais est également loin d'être le choix le plus facile : l'anglais n'est pas aussi facile qu'il n'y parait : par exemple il est quasiment impossible, à partir de l'écriture d'un mot, d'en connaitre la prononciation à coup sûr, et réciproquement. Je ne suis pas en train de dire ici que le Français est mieux, mais bien de critiquer l'anglais en tant que "choix" pour la communication internationale.

Évidement, la solution existe, mais puisque nos élites et gouvernants font la plupart du temps partie de ces 6% d'européens à savoir comprendre un texte normal (ni Hamlet, ni une pub, mais un texte normal), ils ont une vision déformée de la réalité, et ont dans leur entourage une proportion de personnes parlant anglais plus importante, ils croient que l'anglais est un bon outil, ou alors ils se sont résigné à un pragmatisme d'acceptation du fait établi. Il est alors facile de considérer avec dédain la solution de l'Espéranto, langue logique, facile et neutre, en disant "bah, ça n'a pas marché". C'est oublier que les chiffres arables ont mis 4 siècles à "marcher", et le système international des poids et mesures n'a pas non plus "marché" de suite (même certains ne l'utilisent pas encore, en informatique par exemple...!).

Pourtant, une simple étude objective de ces deux solutions, Anglais ou Espéranto, permet de savoir quel seraient les avantages et les inconvénients de chaque solution. Mais non, l'Espéranto est jugé comme ridicule, irréalisable, tout comme les gens croyaient impossible la création de machines volantes (débuts de l'aviation) ou de la possibilité de capturer des images du réel sur du papier (aux débuts de la photographie). L'Espéranto a prouvé qu'il marche, de manière incroyablement efficace, mais cachez ceci que je ne saurais voir !

Même si cela parait idéaliste, tout comme les logiciels libres d'ailleurs, renseignez vous sur l'Espéranto, cela vous donnera peut être l'envie de l'apprendre. Ce n'est pas un vaporware ;-) ! http://fr.wikipedia.org/wiki/Esperanto(...)

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« La clé d'une langue commune, perdue dans la Tour de Babel, peut être seulement construite par l'usage de l'Espéranto. » Jules Verne.

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